dimanche 28 juin 2009

Un témoin de la Vérité : le Saint curé d'Ars



I - La nouvelle naissance

1. "Connaissez la Vérité et Elle vous affranchira".
Cette nouvelle naissance, ce renouvellement par la Vérité il ne suffit pas d'en désirer l'avènement, il faut savoir le demander humblement, l'attendre passionnément, l'accueillir vaillamment.
Petit berger aux écoutes de Dieu non seulement dans le doux chant des oiseaux mais dans les intempéries, la fatigue, la faim, le froid, la soumission à la misère paysanne de sa famille, et tout au long du jour au caprice, aux besoins des bêtes.
Écolier si humblement acharné et pour si peu de progrès à vues humaines. Étudiant aux Sciences sacrées, si démuni, si ballotté, si évidemment peu doué.
Célébrant héroïque, sachant réserver tout le loisir de la préparation, de la célébration, de l'action de grâces. Et pourtant Curé mangé, allant par les champs, par les rues, par les maisons vers ceux qui ne viennent pas à l'église et servant ceux qui y viennent de si loin vers leur libération.
Et cependant toujours en prière, toujours aux écoutes de la Vérité. Prière, labeur, obéissance, sont les lieux de cette attente et de cet accueil. Non parce qu'ils sont de la prière, du labeur et de l'obéissance, mais parce que Jean Marie Baptiste y est délibérément, vaillamment, généreusement pénitent: c'est-à-dire désireux de Dieu seul assez pour ne s'attacher à aucune créature qu'en Dieu et par Dieu seul. La plus sûre façon, c'est de mourir à soi-même, d'être soi-même mort à tout désir. Alors il n'est pas besoin de se garder des créatures; et nous ne risquons ni de supprimer cruellement, ne serait-ce qu'en les ignorant, celles qui n'ont pas eu l'heur de nous attacher, ni de desservir celles auxquelles nous tenons le plus!
Ce témoin de la Vérité, celui dont toute la vie, tous les gestes rappelleront la Vérité, lieront par la Vérité, délieront par la Vérité, éclaireront, conforteront par la Vérité, est d'abord lui-même Pénitent, surtout, sous tout, partout : Pénitent. Et c'est parce qu'Il retourne à Dieu par un si sûr chemin que le diable mettra tant d'embûches et si efficaces, en définitive, grâce à Dieu, pour aider à faire du Curé d'Ars, le Saint Curé d'Ars.





2. Accueillir la Vérité et s'y rendre disponible par l'accueil pénitentiel ne suffit pas à être un homme de Vérité. Il faut encore la fréquenter, une fois accueillie, dans la pratique.
Pratiquer la Vérité c'est agir selon ce que nous sommes, sur des objets qui ont leur vérité, sur des personnes qui ont leur vérité, en des circonstances qui ont leur vérité, et en des finalités de valeurs dont il faut connaître la vérité. (Celui qui n'est pas avec Moi est contre Moi).
Or nous-mêmes, les gens, les choses et les circonstances se manifestent par des "apparences". Il y a des apparences véridiques en ce sens que sans être la Vérité elles la signifient. Il n'est que d'approfondir dans leur sens pour connaître cette Vérité: telle démarche de pénitent est une apparence de repentance, par delà l'apparence connaître l'âme et par delà l'attitude de l'âme reconnaître la grâce de repentance.
Mais les apparences peuvent être trompeuses et tel pénitent dont l'apparence est de repentance n'est qu'un curieux qu'il faut laisser attendre devant le confessionnal jusqu'à ce que l'attitude de l'âme accueille la grâce de repentance.
Voilà sans doute pourquoi certains pèlerins ont la crainte de celui qui lit dans les âmes par delà les apparences. Pourquoi le Prince des apparences trompeuses, du mensonge fait une telle guerre au Saint Curé.
Ainsi pratiquer la Vérité ce n'est pas seulement poser des gestes conformes en apparence, mais agir convaincu jusqu'à l'âme, intelligence, cœur, volonté, de ce que l'on fait et de ce pourquoi on le fait et de Celui pour qui on le fait.
Cela s'appelle la simplicité, celle des saints, tout "unis", qui pensent, aiment et agissent sans réticences, sans "restrictions mentales" de l'intelligence ou du cœur, comme flèche allant à son but par le plus court chemin qui est le plus droit.
Simplicité et discrétion de la parole et de l'action, du silence ou de l'abstention de l'action, c'est le secret des saints qui vivent de la Vérité et agissent en Vérité. Un temps viendra où ceux qui adorent Dieu, L'adoreront en Esprit et en Vérité : C'est-à-dire dans l'assistance du Saint Esprit du Christ Dieu fait Homme.
3. Accueillir, devenir véridique en pratiquant la Vérité ne suffit pas à un témoin de la Vérité. "Ce que vous avez appris dans le secret criez-le sur les toits". Il faut apprendre à dire, à exprimer aux autres par l'action et la parole, la Vérité. Ici encore il y a une grâce à accueillir par lapénitence. Cette pénitence doit aboutir à n'être pas écran entre la Vérité etceux à qui on la propose. Saint Paul disait "ut seductores"; être séducteurs, non pour soi, pour garder pour soi, sa façon de dire, de faire, d'être, d'aimer l'admiration, mais pour que les autres n'entendent que la Vérité, ne voient que la Vérité.
Ici encore le Curé d'Ars est un modèle. Pour les petites orphelines qui avec leur simplicité d'enfant ne voient en Lui que le Bon Dieu, le saint Curé prêche et catéchise, il en appelle aux beautés de la nature, aux oiseaux, aux fleurs. Mais dans l'auditoire de l'église où se trouvent parfois de fins lettrés, il semble qu'il ait fait exprès de s'exprimer en paysan fruste, afinque Dieu seul arrive séducteur aux oreilles et au cœur de ses auditeurs.Une grâce aussi, et une pénitence en accord à cette grâce, à ne pas interposer entre la Vérité et les âmes des fioritures, des inutilités, des obstacles. Aucune citation littéraire, aucune digression, aucune "préparation" esthétique, ou psychologique. S'il y a péché à dénoncer, le saint Curé dénonce le péché; s'il y a à remettre dans le droit chemin l'auteur d'une lettre anonyme, il répond directement à l'auteur puisque par grâce il sait qui il est.
La Vérité qu'il dit c'est la Volonté de Dieu sur la créature, la Vérité qu'il fait c'est la Charité, l'Amour de Dieu qui est exigence et miséricorde de l'exigence.
Et si l'on demande qui lui a appris si authentiquement le divin et l'humain, nous le retrouvons à la même école que les humbles depuis Saint Jean : Marie.
Qu'il parle du péché, qu'il échappe aux diableries sans qu'elles faussent ses intentions et son action, qu'il obéisse à ses supérieurs, qu'il visite pour éveiller la grâce, qu'il devienne refuge visible et invisible des pécheurs, qu'il obtienne grâces de la multiplication du blé, de la guérison des corps, de la conversion des pécheurs, de la persévérance des justes, c'est Marie le modèle, c'est dans la maternelle sollicitude de Marie qu'il en puise la leçon et qu'il en obtient la grâce. "Si pour donner quelque chose encore à la Sainte Vierge je pouvais me vendre, je me vendrais".
En Marie il a trouvé et la fille de Dieu toute pure, et l'Épouse docile de l'Esprit, pleine de grâces, et la Mère de Jésus-Christ médiatrice de toutes grâces. "Et quoi mes frères, après tout ce que nous venons de dire nous n'aimerions pas Marie ? Elle qui semble ne se réjouir d'être Mère de Dieu qu'afin de nous obtenir plus de grâces?"

4. Dans le nom de baptême du Curé d'Ars toute une vocation mariale est inscrite, la vie du saint la révélera fidèlement.

Jean: le dernier regard de Jésus est pour Marie, sur Marie; Jean est si près de la Mère des Douleurs et de Compassion qu'il est dans le champ du regard de Jésus sur Sa Mère: "Femme voici ton fils". Et parce que l'Amour a fait le cœur de Jean, il est de tous les disciples celui dont la délicate pureté est le mieux accordée à celle de la Mère du Bel Amour: "Voici ta Mère". A partir de cette heure il la prit chez lui.
Voilà la vocation en sa perfection: Jean le bien aimé de Jésus, fait prêtre par Jésus, confié à la Mère de Jésus par Jésus, pour que Jean soit un fils pour Marie et le témoin de l'Eucharistie et de l'Église invisible.
Baptiste: l'appelé de la Visitation, "dès le ventre de sa mère", par la charité de Marie; éveillé à la Vie, semble-t-il, juste pour entendre le Magnificat. C'est parce qu'il l'a entendu chanter par Marie qu'il voudra préparer les autres à l'entendre. Le Baptiste des pécheurs à qui il donne baptême de repentance; le Baptiste de Jésus-Christ, de l'Esprit de Qui il reçoit la confirmation: Celui-ci est mon Fils bien aimé.
Ce petit berger aux champs ne s'ennuie pas; il n'a cependant emporté de chez lui ni jouet (il n'en a pas) ni livre (il ne sait pas lire) mais son chapelet. L'Ave Maria est pour lui cette "conversation dans le Ciel" dont parle Saint Paul. Une vraie conversation avec la Sainte Vierge, mieux un vrai tête à tête, mieux un vrai cœur à cœur.
Cette pureté du corps, cette pureté du cœur, ce sens de l'authentique c'est dans de pareils entretiens qu'ils se fortifient et s'affinent.
C'est aussi de pareils entretiens que sort spontanément le recours à Marie en toutes circonstances; parce qu'il a la faveur de s'entretenir avec Elle, il crie vers Elle, il l'appelle, il la remercie, il "l'emploie" à tout bout de champ. Mais s'il l'appelle si souvent c'est qu'il lui a confié sa vocation sacerdotale et qu'il sait que toutes les circonstances par l'intercession de Marie peuvent la servir. Il lui a confié sa vocation sacerdotale, c'est mal dire; C'est comme si ayant trouvé sa vocation au Cœur de Marie il ait laissé cette vocation en Sa place en s'y vouant, lui, de toute son âme. Laissantla Perle à l'Écrin royal, trop profondément humble pour s'en parer, il est d'autant plus réfugiée au Cœur de Marie que là seulement il adhérait à sa vocation sacerdotale. Cette intimité filiale avec la Sainte Vierge est si "mariale" qu'elle est "charisme" c'est-à-dire grâce donnée pour les autres: le Sacerdoce et les grâces de fidélité pour s'y préparer, l'accueillir, l'exercer. La maternité sacerdotale de Marie le Curé d'Ars l'a expérimentée et en témoigne de telle sorte que le sacerdoce tel qu'il l'a exercé est typique: Marie a fait du Curé d'Ars le modèle des Curés, mieux le patron au Ciel des prêtres.
Jean Marie Baptiste est de ceux qui n'ont pas besoin de foule, d'apparats, pour prier et être fidèle. Et la Sainte Viergele sait bien qui tout au long de la vie du saint Curé le tient pauvrement loin des sanctuaires en renom, parfois même loin de l'humble assemblée des fidèles (aux Noé), mais qui obtiendra que dès ici-bas lui qui n'a rien attendu des foules voit venir vers son sacerdoce les foules.
Et pourquoi ces foules accourent-elles? parce qu'il y a à Ars un prêtre si marial que Satan ne peut rien contre son Sacerdoce; qu'à l'image de Marie et dans son conseil il est devenu le refuge des pécheurs; qu'il prêche l'Amour, la justice, la miséricorde de Dieu, toutes choses que Marie lui a mises au cœur et qu'il a conservées;
parce que Celle qui a obtenu à Cana le vin obtient pour les hôtes du pauvre curé de la Providence, le Pain ;
parce que Celle que nous invoquons comme Reine des Saints a conduit Jean marie Vianney sur la claire et ferme route de la sainteté en lui faisant comprendre et imiter les Saints dont il lisait la vie et que sa prière fréquentait.
Et pour que nul ne doute que c'est par Marie que le Curé d'Ars est allé à Jésus, la Sainte Vierge apparaîtra six fois devant témoins au Saint Curé. Et lui ne fera pas façons alors pour dire "Vous L'avez donc vue vous aussi mon enfant? Oui c'était Elle. Vous avez vu la Sainte Vierge ; n'en parlez à personne".
Mais le Curé lui n'en doutait pas : en montrant le carrelage de sa chambre il disait un jour: "On n'oserait pas mettre les pieds sur un tel carrelage si l'on savait ce qui s'y est passé".
Les Saints sont unifiés par grâce; ils meurent comme ils ont vécu. C'est l'année des apparitions de Lourdes que l'Immaculée Mère de Dieu est venue chercher son enfant: Jean Marie Baptiste prêtre, celui qui avait compris dès son enfance que "pour mériter la protection de Marie il s'agit d'imiter ses vertus … sa grande humilité … son admirable pureté … il faut aussi à son exemple se détacher des choses de ce monde".

5. La perfection du prêtre
Et d'abord il prêche la doctrine. L'Évangile et la vie des Saints appuient ou illustrent son enseignement. Une doctrine si simplement exposée, si pleine que l'âme y trouve la vie. Pas d'exégèse savante, pas de critique historique, pas de fioriture. Et cependant lorsqu'on compare avec les meilleurs sermons de notre époque, devant les prêches du Curé d'Ars on dit avec Péguy "Voici la nudité, le reste est vêtement!"
La doctrine en sa plénitude, en sa nudité, exposée à tous, une doctrine qui se fait Homme, prend la voix, les gestes, les larmes de l'homme.
Tout entière dite en chacun de ses aspects:
le péché qui doit être avoué et que Dieu pardonne parce que Dieu a payé ce péché, car c'est le même qui paye et qui pardonne, associant son prêtre au pardon et à la rédemption;
la Vierge Marie, l'Eucharistie, l'Église et sa liturgie, la communion des Saints et des Anges.
Et entre ces deux camps: celui du Mal et du Bien, les combattants : les Saints d'ici-bas et les Anges contre la malice de l'homme et les démons.
Cette doctrine il a eu beaucoup de mal à la reconnaître dans les livres savants du séminaire. Il l'a apprise de son saint curé et père spirituel, il l'a vu vivre dans sa famille, il l'a surtout vécue l'accueillant dans la prière et la mettant en pratique.
En voilà un qui n'a flirté ni avec la Vérité, ni avec l'Erreur! Tout entier engagé à Dieu il est trop droit, il va trop droit pour que le "gauchi", le "biaisé" le dévie. Il est trop pèlerin de l'Absolu pour que l'a peu près, le méli-mélo, le dieu et Mammon, le toi et moi, le oui et non l'abusent. Et voilà pourquoi sa doctrine est si sûre; et voilà pourquoi on trouve à Ars la Vérité qui est l'Amour de Dieu et qui y parle plus clair que dans la chaire des grandes métropoles.
Sûreté de la doctrine, vraie science sacerdotale qui constitue le huitième sacrement, l'Abbé Vianey ne l'a pas confondue avec la politique, la psychologie, l'histoire ancienne, la sociologie fut-elle religieuse, l'économie politique ou la science hébraïsante! C'est cependant celui-là que l'Église a donné aux prêtres comme modèle et comme patron : ce curé qui prêcha deux fois le jour pendant près de trente ans ; et n'a pas hésité au lieu de le choisir parmi tant de prêtres érudits et fins causeurs et talentueux orateurs, à reconnaître celui-là.

6. Sacerdoce alter Christus
Sacerdoce in æternum
Jamais personne, fidèle ou indifférent ou même anticlérical notoire, n'a osé espérer voir en Monsieur le Curé l'homme séparé du prêtre. Il est tout entier, et en toutes ses paroles, et en toutes ses attitudes, et dans toutes les situations : Prêtre.
Et lui-même n'a jamais eu l'idée de se considérer autrement que comme prêtre, "prêtre misérable", "prêtre ignorant" mais complètement sacerdotal.
Envoyé par Dieu à Ars pour y être prêtre de l'Église de Jésus-Christ, il a accompli visiblement les fonctions sacerdotales comme un qui en a l'intelligence, l'amour et le courage jusqu'à l'héroïsme. Il a été le pasteur de tout son peuple, appelant aux places et aux carrefours les invités de Jésus pour leur faire retrouver le chemin de l'église. Il a manifesté prédilection pour les pauvres, les enfants, les malades, et sollicitude pour les pécheurs.
Sachant bien que l'église qui est la maison de Dieu est le lieu où les enfants de Dieu doivent apprendre qu'ils sont de la race des Saints, il a pris soin que les statues des saints, que les vitraux, que les figures d'anges parlent langages clair et enseignent ainsi la doctrine. Attentif à la liturgie dont il savait le véritable rôle, il ne l'a ni simplifiée, ni chargée, ni agrémentée, de telle sorte que les offices à Ars, comme l'ordonnance des autels et des statues, disaient à chacun et à tousla Bonne Nouvelle, l'Évangile de miséricorde.
C'est dans la sainte liturgie ainsi comprise et respectée qu'il célébrait. Ici le Prêtre si humble d'aspect rayonnait de la Noblesse du Prêtre Unique : Sacrificateur et adorateur pour le Peuple.
C'est par l'intelligence de la liturgie que le confessionnal est dans la chapelle de Saint Jean Baptiste mais que les pénitents sont envoyés soit avant soit après la confession à l'autel de la Sainte Vierge.
C'est dans la profonde intelligence du Sacrement de Pénitence que "c'est de nuit comme un voleur que le Curé va ainsi redemander son âme au pécheur pour la rendre au Christ du Baptême et de l'Eucharistie.

7. Le Curé D'Ars Prêtre.
C'est lorsque le Curé d'Ars "tient le Bon Dieu dans ses mains" qu'on devine Celui qui l'a "séparé" et Se l'est réservé. Car si tant de pèlerins viennent à Ars, si les gens d'Ars viennent à l'église, si le Curé d'Ars est, nuit et jour, au milieu de tant de gens et si proche de chacun, c'est qu'il vit amoureusement cette élection jalouse de Dieu, cette séparation de prédilection.
En voilà un qui ne s'est pas trompé sur sa part et son héritage!
Seul dans la Cure, loin de sa famille, seul dans son combat, seul dans ses pénitences, seul sous la fatigue, seul en face de la vision, du miracle! Seul mais non isolé! Relié par sa solitude même à toutes les âmes, immergé dans la Solitude de Jésus!
A l'heure où les foyers se réunissent, il passe en prêtre, apportant la présence du prêtre à la table de famille. Mais il ne s'y assied pas. Cependant il est le plus souvent affamé. Les autres ne s'y trompent pas : un Curé n'est pas un homme comme les autres, et cela parce que Dieu l'aime d'une autre façon! Certes il vient d'une famille rurale, il sait bêcher et garder les bêtes mais ce n'est plus maintenant son travail ! Homme d'Église, c'est à l'église qu'il travaille! Il est bien curieux de voir qu'il n'a même pas eu l'idée de cultiver à la manière des paysans un champ pour nourrir ses orphelines. Dans son champ à lui, il œuvre par la prière, la pénitence, parce que c'est le champ de la foi. Et qui osera dire que son travail n'est pas pour son corps, pour sa personnalité, dur labeur ?
Champ de bataille et champ d'action c'est le même champ pour le prêtre. Il sème, cultive et récolte sur le champ même des combats, et dans les combats mêmes.
Car là aussi J.M.B. Vianey ne s'y est pas trompé, un prêtre est un Ouvrier, l'ouvrier du Royaume de Dieu ! un producteur de vraie Richesse, un défenseur de vraie Richesse, un conquérant de vraie Richesse. Et c'est parce qu'il a cru à cette efficace surnaturelle que biens spirituels et biens matériels ont tant afflué au pays d'Ars, que ceux qui y venaient en sont repartis comblés. Ce Joseph transforme par grâce en grenier spirituel cette paroisse si semblable à l'Égypte quand il y arrivait pour la première fois, et comble les âmes du fruit de son labeur.

Dates:
1. 3ème Dimanche de Pâques - 19 avril 1959


3.
16 Mai


4.
samedi des Q.T. de Pentecôte 25 Mai


5.
30 Mai


6.
3ème Dimanche après Pentecôte Octave du Sacré Cœur


7.
17 Juin 1959

lundi 8 juin 2009

Pentecôte 1957




Stupéfiante constatation de Saint Paul: le groupe des disciples qui l'accueille à Ephèse, et qui a embrassé la Foi, n'a pas reçu le Saint Esprit. Ils n'ont même jamais entendu dire qu'il y ait un Saint Esprit!
Mais l'explication vient : ils ont reçu le baptême du Précurseur, le baptême de Pénitence, celui qui prépare à accueillir le Baptême en Jésus-Christ, qui est d'eau et dans l'Esprit.
Baptême de repentir où l'homme rectifie sa voie, redevient assez homme pour accueillir Dieu fait Homme et l'Esprit sanctificateur de l'homme.
Beaucoup de fidèles chrétiens n'ont encore vécu de leur baptême que celui du précurseur: c'est l'étape nécessaire, mais elle n'est pas le but du Baptême chrétien qui est de nous faire renaître d'eau et d'Esprit.
Déjà les Juifs étaient passés de la Loi aux Prophètes. La Loi qui leur disait comment l'homme pouvait "s'épanouir" selon les vues de son Créateur ; les Prophètes qui révélaient que cet épanouissement n'était pas à lui-même sa propre fin mais qu'il préludait à l'accueil du Messie, non selon ce que les hommes en attendaient mais selon ce que Dieu en attendait pour Sa gloire. C'est parce qu'ils étaient restés des hommes de la Loi qu'ils attendaient un Messie qui restaurerait la puissance d'Israël. C'est parce qu'ils étaient encore de la Loi que les disciples, renonçant à la restauration de la puissance d'Israël, rêvaient cependant d'un Royaume selon le monde, avec les succès du monde, et que les a tant déçus le Drame Prétoire et du Calvaire.
Les chrétiens eux aussi sont restés des hommes de la loi, lorsqu'ils ont voulu des Églises nationalistes: schisme d'Occident, anglicanisme, calvinisme de Genève, Hussisme, gallicanisme, et ce genre de mission qui selon le mot de Claudel "fait participer les Américains du Sud des bienfaits de la religion catholique et de l'impôt du roi très chrétien espagnol".
Et c'est encore être hommes de la Loi que de vouloir instaurer le Royaume du Christ selon les normes politiques et stratégiques du monde. Après avoir accompli la Loi dans le nouveau commandement d'Amour universel, Jésus accomplit les prophéties en vivant et enseignant "verbo et exemplo" que Son Royaume n'est pas de ce monde "c'est-à-dire selon l'esprit et les normes du monde.
Etre dans le monde, ne pas être selon le monde: Voilà la nouvelle stratégie qui est celle d'une présence au monde, qui sanctifie ce monde selon les lois de l'Esprit à travers l'échec : la condamnation des prétoires humains et la Croix. C'est sans doute là-dessus que doit revenir toute l'Action catholique, les mouvements de Jeunes et de moins jeunes, les partis politiques dont les hommes ont la générosité de vouloir être parmi les hommes leurs frères, d'autres Christs, ou mieux, la présence continuée du Christ.
Nous sommes loin de l'étape d'épanouissement de l'homme, du succès de ses doctrines et de ses initiatives.
Le succès temporel de la traversée de la mer Rouge n'est que le signe de ce que sera la participation à l'Esprit (Oraison de la vigile de Pentecôte); et le bonheur de la Terre où coule le vin et le miel n'est que le signe avant coureur du bonheur spirituel de ceux qui entreront au Royaume de l'Esprit.
Car dans ce Royaume de la sanctification les récoltes demeurent à jamais car elles ont été semées, et cultivées, engrangées non selon le monde, mais sous l'inspiration céleste (Oraison de vigile).
Il ne s'agit plus d'offrir les fruits périssables de notre terre, mais les fruits impérissables d'une terre dont la face est renouvelée par l'Esprit.
Les dons et le cœur qui les offre doivent être sanctifiés et illuminés par l'Esprit pour être offerts dans le Règne du Christ.
Notre Foi, notre Espérance, notre Charité progressent ainsi selon le Crédo : Je crois en Dieu le Père, qui garantit sa nature d'homme, je crois en Jésus-Christ qui garantit ma rédemption, je crois au Saint Esprit qui opère ma sanctification dans et par l'Église.
Où en sommes-nous? Hommes de la Loi? Hommes de la Promesse? Hommes de l'Esprit? Le signe le plus irréfutable que nous sommes de l'Esprit c'est que nos inspirations sont dans la ligne de l'Église; et que faute de cette inspiration nous obéissons à l'Église et à ses chefs.

mercredi 3 juin 2009

Pentecôte 1955




I - Là encore l'Église orientale met l'accent sur l'Invisible. Pour elle la Pentecôte est avant tout et surtout la fête de la Sainte Trinité.
a) Jésus Christ nous a révélé le Père ici-bas. La Résurrection de Notre Seigneur et Son Ascension nous révèlent totalement le Fils.La Pentecôte est révélation plénière du Saint-Esprit.
"En souvenir des Paroles de Salut qu'Il avait entendues de Son Père et rapportées aux Apôtres, le Christ envoie son Esprit reposer sur eux en forme de langues de feu. Et la création intimement possédée et toute transformée par Vous, Vous bénit". (8° Ode Matines - Pentecôte - liturgie byzantine).
b) Cette révélation est adorée en Marie et par Marie (9° Ode Matines) "Il sied de chanter la Vierge nourricière : Elle seule a caché dans ses entrailles le Verbe qui guérit la nature malade des mortels et qui maintenant est assis à la droite du Père et a envoyé la grâce de l'Esprit".
c) Et c'est parce que l'Église orientale vit le mystère de la Sainte Trinité en cette fête de Pentecôte que l'office le plus long porte le nom d'office de la génuflexion (Vêpres du Dimanche de Pentecôte). Il est tout entier dit à genoux, et commence par une grande collecte: "Prions en paix le Seigneur … Pour la paix céleste et le salut de nos âmes. Pour la paix de l'univers entier et la prospérité des sainte Église de Dieu et l'union de tous …
Pour ceux qui inclinent leur cœur et fléchissent le genou devant le Seigneur …
Pour ceux qui ont besoin de son aide …
Pour être délivrés de toute oppression, colère, péril, nécessité …
Pour que nous soyons fortifiés de façon à Lui plaire.
Faisant mémoire de la toute sainte, immaculée, toute bénie et glorieuse Dame mère de Dieu et toujours Vierge marie et de tous les Saints, offrons nous nous-mêmes les uns et les autres et toutes notre vie au Christ notre Dieu".
Prière solennelle: "Seigneur sans tache, incorruptible, éternel, invisible inaccessible, inexplicable, immuable, insurpassable, incommensurable, patient, Vous qui Seul êtes immortel et qui habites une lumière inaccessible; Créateur du ciel, de la terre et de la mer et de tous les êtres qui ont été faits en eux, accordez à tous leurs demandes avant même qu'ils ne les aient formulées". Ainsi le prêtre à genoux dans les portes saintes ouvertes prie, devant tout le peuple à genoux. "Couvrez-vous de Votre ombre dans Votre bonté, délivrez-nous de la violence du démon, fortifiez notre vie par Vos sainte et sacrés lois. Confiez Votre peuple à un ange tutélaire et fidèle, réunissez-nous tous dans Votre Royaume. donnez le pardon à ceux qui espèrent en Vous. Remettez-nous nos péchés à eux et à nous. Purifiez-nous par la puissance de Votre Saint-Esprit et déjouez les entreprises de Votre ennemi contre nous".
d)Laissons l'Église orientale à genoux chanter les grandeurs du Dieu invisible.
e)Gardons sa leçon: que tout genou fléchisse devant Dieu, Père, Fils et Saint-Esprit. Qu'à Lui Seul soit la gloire.
II - Et tournons-nous vers la liturgie de l'Église occidentale.
a)Elle met l'accent sur l'Église fondée par Jésus-Christ et confirmée en ce jour par l'Esprit.
Les textes qu'elle nous propose affirment que l'Église est l'Épouse de l'Esprit.
b) Il parlait déjà par les Prophètes. Il est l'Esprit de Vérité, et c'est Lui qui jusqu'à la fin des temps parlera par les Apôtres, leur donnant avec la lumière sur Dieu, le don des langues vers les hommes.
c) Il est l'Esprit de Sainteté, et c'est de Lui que participe toute sainteté d'Ancien et de Nouveau Testament.
d) Il est l'Esprit qui délivre et permet le Passage du royaume de la mort et des ténèbres à celui de la vie et de la lumière (Passage dela Mer rouge et Révélation du Sinaï. Résurrection du Seigneur au Cénacle: Pâques).
e) Ce n'est pas nous qui faisons et qui disons la Sainte Vérité qui est Dieu en nous. C'est Lui.
f) C'est Lui qui opère dans la fonction sacerdotale: Docteur, Sacrificateur et Pasteur.
C'est Lui qui opère dans le baptême et les Sacrements: Sanctificateur
C'est Lui qui opère dans la Mission du Sacrement de Confirmation,
qui prie dans notre prière,
qui témoigne dans notre témoignage.
g) Il est salutaire pour les techniciens que nous sommes, nous Occidentaux que l'Église nous rappelle que la Messe n'est pas une technique qui témoigne de notre efficace à nous, que le Pouvoir de l'Évêque n'est pas une technique d'homme, que la sainteté des Saints n'est pas le fruit de leur méthode, que nous ne faisons pas l'Église, que nous ne nous faisons pas à la façon de la "fabrication" et de la "manufacture"; que notre rôle et notre activité est d'accueil humble à l'action de l'Esprit Saint.
C'est Lui qui prie en nous des paroles ineffables. C'est Lui qui fait toute la réalité Sacramentelle.
C'est Lui qui parle lorsque nous disons la Vérité. C'est Lui qui est Force, Conseil, Piété, Sagesse. C'est Lui qui sanctifie.
h) ET cela n'est pas invitation au quiétisme, au fatalisme, au "mektoub"!
i) Mais invitation à l'attente active, à la supplication, à l'humble accueil des grandes choses que Dieu Seul peut accomplir dans Son Église.
III - Il est bon je crois que nous entendions d'abord la leçon de l'Église orientale pour mieux comprendre celle sur laquelle appuie la liturgie occidentale.
a) Dieu Seul est, Dieu Seul crée, Dieu Seul sauve.
Et Il veut créer, et sauver, et être dans l'Église, Épouse de l'Esprit.
b) Et nous sommes, nous, les enfants de Dieu et de l'Église par l'Esprit Saint.
Jeudi 26 Mai 1955

lundi 1 juin 2009

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samedi 28 mars 2009

Article du journal de la ville d’Alès

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mercredi 25 mars 2009

Témoignage



C’était simple et bon comme du bon pain de campagne, c’était presque gai, touchant de tendresse. Un petit soleil éclairait de temps en temps un après-midi plutôt nuageux. Mon cœur en est tout réchauffé, rien que d’y repenser… pourtant, je pleurais… je pleurais de savoir que tant de bonté n’était plus, de repenser aux circonstances, aux manifestations d’une âme si bonne qui, si elle apparaissait quelques fois rude, nous touchait jusques au fond du cœur dans son désir de nous aimer, de nous éclairer sur toutes les choses de la vie aimante du Christ dans Sa vérité toujours, profonde et belle. Âme d’esthète, elle pensait toujours en aimante de qui elle s’adressait.
L’abbé Allard a rappelé combien sa silhouette nous manquerait dans ces pays de St-Alyre, de Champlitte à Trémoulet et à Chelles, sur les petites routes de campagne. Quel attachement en effet, quel contact chaleureux !
« Un cœur simple qui hait le néant vaste et noir » si on rencontrait son regard, si elle disait une parole, c’était toujours inoubliable, tout nous marquait en elle, tout imprégnait : recherche de vérité en tout, de bonté dans tout ; elle nous mettait en garde contre le démon toujours, ce démon qui nous fait tomber dans l’erreur avec « les meilleures intentions du monde ».
Ah, si nous pouvions vivre comme elle avec grandeur et simplicité, amitié, chaleur, amour !

Message laissé par Monique BUER dès le retour à Saint-Etienne après les funérailles de Gabrielle-Marie MOSNIER.

dimanche 22 mars 2009

L'Annonciation



Ecrit en Mars 1974 et encore d'actualité en 2009

Le Messager de Dieu, Ange de la Force divine qui est fidélité d’Amour. Une Vierge hors du commun l’Immaculée.

I- Que faut-il attendre de la RENCONTRE ?
Notre misère distraite des messagers, flirtant avec toutes les images de la mémoire et de l’imagination créatrice, ne saurait le prévoir que faussement. Ce pourquoi L’Evangile si discret sur les faits et dits de Marie est ici explicite.

a) Dialogue où Dieu prend les devants: Il envoie son Ange et c’est l’Ange qui parle à Celle qui écoute
où Dieu bénit comme IL bénit : la bénédiction étant élection explicite - grâce prévenant le Fiat et venant à son secours.
où l’Ange annonce la fécondité: le fruit et non les fleurs.
Et quelle fécondité: la maternité du SAUVEUR de tout homme.

Celui qui rend à l’homme sa vocation sacerdotale: Rendre grâces filialement en frères.

b) Dialogue où Marie se tait pour écouter; ou plus vraiment, Se tait parce qu’Elle écoute.Où son objection, la seule, n’est ni de sa misère, ni de l’effroi devant cette vocation, mais l’objection de l’impossibilité naturelle, selon les lois que le Créateur a voulues, de concevoir à elle toute seule. Elle ne s’appuie donc que sur les lois de Dieu, non pour refuser, mais pour demander au messager de Dieu de lever l’objection. Et parce qu’il ne s’agit entre ces deux créatures, l’Ange et la Femme Immaculée, que de la volonté adorable de Dieu que le dialogue est si court, si plein, si simple: “Fiat secundum verbum tuum”

c) Il est vraiment un dialogue c’est-à-dire un passage, une voie ouverte à la“circulation”des Cieux à la Terre.
(retrouver le Dialogue de Dieu avec le couple au premier Jardin
le Dialogue du Christ avec Pierre, André et les âmes sur Sa route
le Dialogue du Mont des Oliviers.
et l’absence de dialogue ou la rupture du dialogue).

II Marie Immaculée, Vierge et Mère, et de quelle maternité

a) Fille d’Anne (l’aimée) et de Joachim (Joan, An: l’aimé aimant) donc fille de l’amour humain au vrai sens du mot, prévenue par l’amour de Dieu avant sa naissance et par l’élection de chacun de ses parents et par le Don de Celui qui sera Son Fils Unique: l’IMMACULEE CONCEPTION.
Héritière d’une lignée dont Dieu ne veut garder pour Elle que les Saints, laissant à Son Fils non les justes mais les pécheurs de tous les temps !

b) Elevée dans la tradition de Son Peuple , Le Peuple élu: présentée au Temple dans son enfance, fiancée à un homme juste ,

c) Elle vit selon la Loi, toute la Loi : Elle que le Saint Esprit épousera dans l’ombre (comme Il épousera jusqu’à la fin des temps l’Eglise ) Elle que le Verbe habitera comme aucune autre humanité : le seule vraie demeure qu’Il ait voulue ici-bas ( et qui reste la seule vraie demeure des pécheurs justifiés : les Saints)


III Restons , à l’aube de ce doux et fort mystère de l’incarnation sur la méditation
de la disponibilité totale de Marie.
Ni image, ni hypothèse de sa part sur ce que sera la volonté de Dieu. “Secundum verbum tuum”.
Comment serait-Elle troublée, comme le furent les disciples par les “événements” et à travers eux de l’avènement de la Royauté du Pauvre, du Persécuté, du Crucifié.
Elle n’a aucun “projet” , aucune idée préconcue sur ce qui se passera si ce n’est que la volonté du Tout Puissant se fera par les hommes.
b) Cette limpidité que rien ne troublera
ni la persécution d’Hérode, ni l’exil en Egypte ( de si triste mémoire pour Israël), ni les contestations autour de Jésus, ni le Calvaire, c’est la limpidité d’une entière disponibilité non seulement du comportement extérieur, mais du plus profond de l’être.
c) Elle ne tient à rien parce qu’Elle a tout offert “ in simplicitate cordis mei laetus obtuli universa” ( dans la simplicité de mon coeur joyeux , je vous ai tout offert). Et c’est pourquoi Elle est Mère de la PAIX (car le Prince de la PAIX habite en Elle) Mère de la JOIE parce qu’Elle n a vécu que la Douleur et la Joie de Son Fils.
Puisse l’Eglise, les Eglises de cette terre, puissamment aidées par l’Eglise du Ciel, et les membres que nous sommes chacun, être cette disponibilité à la Volonté de Dieu, et ne porter aux hommes que Jésus ! Jésus seul dans la simplicité de notre coeur.

Alès 22 Mars 1974
Gabrielle Marie M.
P.S. Il est de plus en plus évident que le Saint Esprit dans l’Eglise la mène à “compenser” les mouvements du monde, du siècle. Et en les compensant de racheter, de réparer, de sauver ce qui était perdu; au monde riche IL donne St François d’Assise et l’Abbé Pierre, au monde “ raciste”, “nationaliste”, concentrationnaire le Père Kolbe, au monde individualiste l’Eglise a donné des associations, des ligues, des congrégations il y a 60 ans !
Au monde grégaire, de groupes, de partis, de syndicats donnera-t-Elle des hommes et des femmes capables de vivre sans s’inféoder à aucun groupe pour pouvoir surgir, agir, passer à travers tous les groupes du monde en 1974 ?
C’est l’actuelle et brûlante question. De toute évidence tenir compte des pentes du monde ce n’est point pour les descendre facilement, ni les supprimer aggressivement mais pour les remonter.
Vraie pauvreté dans l’usage pour compenser toutes les frénésies et folies de sur et sous-consommation des richesses.
Vraie chasteté des mariés et des célibataires pour compenser les dévergondages de la lapinière et du malthusianisme.
Vraie obéissance aux lois justes (et peut-être soumission aux lois injustes quand elles ne lèsent que nous) pour compenser les dévergondages des légalismes et anarchismes de tout bord.
Vraie Joie au regard de tant de falsifications.
Vraie tristesse celle du péché pour racheter toutes celles qui naissent de l’impossibilité de pécher davantage !
Cela aussi fait intégralement partie de l’INCARNATION jusqu’à la fin des Temps. Remonter le courant,ramer vent debout, nager à contre courant et non le suivre en se laissant porter comme les poissons morts.

samedi 14 mars 2009

De la prière par le monde

« Priez sans cesse » dit saint Paul

C’est pourquoi G-M ne définit pas la prière comme un temps consacré à Dieu seul en dehors de nos occupations journalières, mais comme « un don réciproque de l’âme et de Dieu », un « Don de soi-même à Dieu qui se donne à nous dans la prière ».

Pour elle comme déjà pour Saint François de Sales (XVIème siècle), la Dévotion, c’est avant tout : l’amour de Dieu. Il ne doit pas y avoir un temps (oraison) pour aimer Dieu et un temps pour ne plus l’aimer (l’action). En effet si nous séparons la vie de la prière, le danger qui nous guette, c’est un divorce, un fossé entre vie et prière, qui risque de diminuer, voire de rendre totalement nulle la crédibilité de notre témoignage, en particulier auprès des incroyants.

Dieu a créé l’homme sacerdotal : l’homme est le prêtre qui établit le pont entre la création et Dieu. C’est à travers l’homme créé à l’image et à la ressemblance de Dieu et répondant librement à l’Amour de Dieu, que la création loue Dieu. Mais à cause du péché, l’homme perd cette fonction sacerdotale. C’est dans l’Adoration et l’obéissance parfaite du Fils, le Christ, à son Père que l’homme va retrouver cette fonction sacerdotale. Le seul Grand Prêtre désormais c’est le Christ. Mais baptisé dans le Christ, je retrouve cette fonction sacerdotale : par mon baptême je suis prêtre prophète et roi dans le Christ.

Ce sacerdoce royal et prophétique je le vis en faisant du tissu même de ma vie une offrande continuelle, une action de grâces continuelle, une messe continuelle, parce que la messe est (missa est) partout et toujours : « Il est juste et bon de t’offrir notre action de grâces toujours et en tous lieux ». Cf. le cantique que l’on chante au moment de l’envoi de la messe « Notre messe ici commence ».

Comme le Christ, Verbe fait chair, est présent au monde, ma prière, si elle veut être une action de grâces continuelle, doit tendre à être :

  • Une Adoration inconditionnelle et gratuite au Dieu d’Amour à travers tout ce que je vis.
  • Une Obéissance qui trouve sa source et sa force dans celle du Christ. Obéissance qui se vit dans l’accueil et la recherche de la volonté de Dieu à travers les circonstances de ma vie. C’est une obéissance aux lois de la création et de la Rédemption : à la Parole, à l’Eglise. Une obéissance aux lois du monde et de la société lorsqu’elles ne vont pas contre les lois de Dieu et de l’Eglise.
  • C’est cette obéissance qui m’aidera à vivre une pauvreté intérieure indispensable au disciple du Christ qui se laissera peu à peu dépouiller de lui-même et de sa volonté propre.
  • Ces capacités d’adoration, d’obéissance et de pauvreté exercées à travers les circonstances de ma vie me rendront chaque jour davantage disponible, vide de moi-même, pour tendre vers une attention de plus en plus priante à la fois au réel, et à la Parole de Dieu (Cf. le Synode des Evêques sur la Parole de Dieu) : j’apprendrai ainsi peu à peu à trouver, à « lire l’Evangile et les textes inspirés à travers ma vie, à travers le monde et à les annoncer aux autres ; à voir les signes de la Présence de Dieu dans ma vie et dans le monde, à accueillir le Christ qui me rejoint dans mon humanité et à le donner aux autres ».

Cette prière sera également éclairée et nourrie par une pratique intelligente et aimante des sacrements et du conseil spirituel, un minimum d’ascèse que je vivrai en « laissant le monde me dépouiller de moi », et un combat spirituel indispensable à tout chrétien et indissociable de la prière.

Ma prière est portée par celle de Marie, toute vide d’elle-même, toute accueillante à la grâce, Don total d’elle-même à Dieu. Marie, notre prière, dit Gabrielle.

Si je tends à allier ces différents éléments, ma prière sera prière par le monde, ma vie sera offrande « en la seule offrande valable, celle du Christ Sauveur »

En n’oubliant pas que nous ne vivrons pas du jour au lendemain parfaitement cette prière par le monde, que nous serons enclins et appelés à développer tel ou tel aspect plus que tel autre selon notre personnalité et notre vocation propre.

Rose-Andrée

Epiphanie 2009

Merci de m’adresser le livre sur Gabrielle-Marie MOSNIER que je ne connaissais pas… Rendons grâce pour tant de manifestations de la sainteté de Dieu, épiphanies de l’unique Epiphanie qui réjouit notre cœur ces jours-ci.
Avec amitié et en union de prière.
Dominique LEBRUN